Un pavé dans la mare

Latest

Forum Social Mondial 2013 à Tunis : L’utopie altermondialiste à l’épreuve de la révolution tunisienne

Image

Le dixième « Forum social mondial » a rassemblé environ 30 000 personnes (Le Parisien) à Tunis pendant la dernière semaine de mars. Organisé autour de plus de 1000 « ateliers », ce fut l’occasion pour syndicats, associations et partis politiques de tous continents de partager des idées et expériences autour de leurs luttes et perspectives collectives.

 

La rencontre des acteurs de la gauche altermondialiste avec les nouvelles formations politiques tunisiennes est apparue surprenante à plusieurs égards. Pour S. Soudani du blog Nawaat, le FSM a occulté la politique nationale, en isolant les acteurs sociaux locaux tunisiens et en minimisant la question de l’islamisme. En réalité, la dispersion des problématiques nationales s’explique dans les fractures qui structurent la nouvelle vie politique tunisienne : Acteurs syndicaux de tous secteurs, nouveaux partis et associations de jeunes libéraux, associations tunisiennes (droit du travail, des migrants, des femmes…). Au delà de la politique tunisienne, les divergences idéologiques se sont notamment manifestées par la « confrontation » de formations syriennes pro et anti Assad. La critique de l’impérialisme de militants rendant hommage à Chavez contrastait avecla présence d’acteurs politiques plus libéraux, totalement intégrés dans le paysage du FSM.

 

Ces nouveaux acteurs ne sont pas seulement ces « jeunes libéraux » qui suscitaient l’admiration attendrie des journalistes français en 2011, avant l’accession du parti islamiste Ennahda à la majorité de l’assemblée constituante. On trouve aussi des associations européennes et américaines, telles qu’Oxfam ou le Friedrich Ebert Stiftung dont le discours et les moyens financiers tranchent avec le budget d’autres acteurs engagés dans un « lutte » sociale. La promotion d’un « dialogue citoyen autour des questions économiques » renvoie plus à des lectures démocrates américaines et social-démocrate allemande qu’à une critique marxiste du néolibéralisme. Malgré la visibilité de ces grandes organisations, certains « acteurs historiques » du forum social mondial comme les français d’ATTAC restent présent au sein des rencontres syndicales et associatives.

Image

Un des nombreux “ateliers” du FSM. Ici l’ACIMEDIT (Assemblée des citoyens et citoyennes de la Méditerranée)

Les ateliers étaient ouverts à tous les participants associatifs ou « indépendants ». Certains prennent la forme de « rencontres syndicales » qui, bien qu’ouvertes au public, abordent des sujets spécifiques et peu abordables aux visiteurs. C’est toutefois l’occasion pour les travailleurs d’échanger sur des expériences communes. D’autres conférences offrent  un caractère moins pédagogique  instaurant un rapport plus unilatéral d’ « intervenants à public ». Parmi les espaces d’expression libre, les groupes Occupy et Global Square  sont certainement ceux qui permettaient au plus large éventail de personnes d’exprimer leurs expériences, observations et suggestions. Pour en savoir plus sur les modes de discussion du forum, lire les comptes-rendus de l’association d’éducation populaire Recit.

 

Sur le campus étaient aussi présent des réfugiés du camp de Choucha, dans le Sud de la Tunsie. Ces réfugiés sont originaires du plusieurs pays africains (Tchad, Soudan, Cote d’Ivoire…) vivant en Libye et ayant du fuir le conflit engagé par l’OTAN en mars 2011. Plus de deux ans après la création du camp, 200 réfugiés y sont encore retenus, faute d’autre endroits ou aller. Certains sont rentrés dans le pays qu’ils ont quitté, d’autres ont rejoint la Lybie : Dans tous les cas, ils prennent des risques considérables comme en Lybie dans lesquels ils ne sont pas les bienvenus, suspectés d’être d’anciens missionnaires de Khadafi. Leurs demandes sont avant tout la réouverture de leurs dossiers de demandeurs d’asile et des garanties de protection vis-à-vis de l’ensemble des réfugiés ayant fui la Lybie. Plus d’infos ici.

Image

Le cas des réfugiés de Choucha illustre aussi les limites du FSM. Le slogan de la rencontre « Un autre monde est possible » bute sur la résolution de problème concrets, tels que l’inacceptable situation dans laquelle se trouvent ces réfugiés. Les critiques du Forum était aussi bien présentes du le campus, avec la tenue d’un contre forum composé d’anarchistes de plusieurs pays, notamment des militants d’Alternative Libertaire pour la France.

 

Malgré toutes les critiques formulées à l’égard du forum, on note des points positifs : La rencontre de jeunes tunisiens avec des centaines d’associations et partis de gauche dans un moment politique décisif : En effet, le FSM s’est tenu dans un climat politique et économique tunisien dans lequel la poursuite des luttes sociales est plus que jamais nécessaire. Au niveau économique, le choix du gouvernement de faire appel au fond monétaire international suscite des craintes croissantes. Au niveau politique, la gauche tunisienne se mobilise suite à l’assassinat de Shokri Belaïd en février 2013. A terme, on peut espérer que cette semaine de FSM donne un nouveau souffle aux différents opposants au parti au pouvoir, qui tarde à entamer la rédaction de la constitution.

Advertisements

Rayess Bek – Artiste conscient, Rappeur à contre-courant

La quasi-disparition des espaces publics au Liban depuis la guerre civile rend aujourd’hui plus que jamais nécessaire la présence d’une activité artistique, base de partage et de dialogue social. La musique ne fait pas exception, reflétant les nombreuses difficultés rencontrées par les Libanais dans les domaines politique, social et économique. Aujourd’hui, une scène d’artistes indépendants élève la voix en proposant un point de vue critique sur la classe dirigeante et l’organisation de nos sociétés. Certains élargissent cette critique à l’ensemble du Moyen-Orient, évoquant avec poésie les drames irakien, palestinien et libanais.
C’est le cas du rappeur franco-libanais Rayess Bek dont le dernier album “L’homme de gauche” fait violence aux clichés communautaires en France comme au Liban. Dans un projet d’art contemporain sur la guerre du Liban, il prépare une performance sur le vécu collectif et intime du déchaînement de violences qui a mené à l’éloignement de milliers de familles libanaises. Un entretien avec le rappeur qui permet d’éclairer sa position d’artiste face aux impasses sociopolitiques que connaît le Liban depuis la fin de la guerre.
Pourrais-tu m’en dire un peu plus sur ton activité musicale ? 
Musicalement, je m’inscris dans le mouvement hip-hop. Maintenant c’est vrai qu’aujourd’hui c’est assez délicat quand je parle de cette musique car elle a pris un mauvais tournant. Je ne me retrouve pas dans ce qu’on appelle aujourd’hui hip-hop. Je m’inspire plutôt du hip-hop des années 80, ce qu’on pourrait appeler un hip-hop conscient, qui est presque mort. Quand je parle de conscience politique, c’est une conscience qui va toucher directement la classe dirigeante. C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’est pas diffusé dans les médias au profit d’autres genres comme le Gangsta… Donc moi je viens plus d’un hip-hop marginal ou alternatif qui ne suit pas les mouvements mainstream.
Quand je suis invité dans des médias c’est en tant que rappeur franco-libanais, et donc ayant une perspective socio-politique particulière sur ce qui se passe au Liban… Le rôle du rappeur conscient, c’est avant tout l’éducation mais pas comme une propagande. Il est là pour poser des questions, mais pas pour apporter des réponses, c’est pour ça qu’il s’agit d’abord de toucher la jeunesse, de critiquer leur mode de vie en y donnant une dynamique via la musique. C’est aussi susciter la curiosité de la personne qui t’écoute. Et je pense que le premier message du hip-hop conscient c’est que tu as un pouvoir, aussi petit que tu le penses être, ce pouvoir peut être incroyable, et on l’a vu en Tunisie, dernièrement, je pense qu’il n’y a plus rien à prouver…
Dans tes textes, tu te prononces en faveur d’un régime laïque et de droits civils au Liban. Quels sont les moyens qu’ont aujourd’hui les jeunes Libanais pour assumer leur individualité ?
C’est bien ça le problème, c’est pour ça qu’on essaye de construire un mouvement laïque. Comment veux-tu qu’un Libanais communautaire réfléchisse en tant que citoyen alors qu’il est il plus citoyen orthodoxe, chiite, maronite… Personne ne se sent libanais sauf lorsqu’il est à l’extérieur du Liban. À l’intérieur du Liban, les gens ne se sentent appartenir qu’à la communauté puisque tu ne peux voter que pour des personnes de ta communauté. Et ça, ça alimente encore le communautarisme et pousse les gens à se détourner de l’espace commun, par crainte que celui-ci soit approprié par une communauté. Donc l’espace public n’existe quasiment pas au Liban, il n’y a ni parcs ni bancs…
Nous, les musiciens, on était obligés de prendre des espaces et d’en faire des salles de concert. C’est pour cela que la fête de la musique est aussi populaire au Liban. C’est le seul moment où le peuple peut accéder au centre ville de Beyrouth qui est entièrement privé. C’est le moment où le peuple réinvestit, un peu comme en Tunisie ou en Egypte aujourd’hui, l’espace qu’il veut public. Ce besoin musical, social et même physique se traduit par une incroyable effervescence, des groupes se forment même exprès pour la fête de la musique.
La forme de ta critique s’apparente souvent à un fort pessimisme. Pourtant, au regard de ce qu’il s’est passé en Tunisie ou en Egypte, on peut penser qu’un discours optimiste peut par lui-même permettre de faire avancer une situation…
J’ai peut-être un discours pessimiste, mais les faits ne nous mènent pas vraiment vers l’optimisme. Il faut voir combien de personnalités ont été assassinées suite aux soulèvements, ainsi que les tournures que prennent les révolutions en Egypte et en Tunisie, avec l’élection des islamistes. Pour moi, ce discours est réaliste. J’ai vécu dans la région et participé à des manifs, j’ai changé de discours depuis mes 20 ans. Mais je garde une démarche optimiste qui est celle de continuer la lutte que nous avons entamée. Pour le Liban, je suis né dans ce système féodal et aujourd’hui il n’a pas bougé d’un millimètre… Alors c’est aussi une question de personnalité. Ma perception du monde a été transformée par mon parcours, par la contrainte de quitter mon pays à cause de la guerre… On nous met dans le couloir communautaire et on nous dit que notre place est là…
Je monte aussi un projet en ce moment qui s’inscrit dans une démarche d’art contemporain. J’ai voulu réutiliser des enregistrements audio datant de la guerre libanaise (1975-1990). À l’époque, comme beaucoup de famille ont été séparées, certaines ont choisi de lire leur lettre. Le projet se découpe en trois volets : d’abord, il s’agirait d’exposer telles quelles ces cassettes avec une possibilité d’écoute et de traduction. Ces cassettes sont géniales, comme il y a des superpositions d’enregistrements… Le deuxième volet serait une installation dans laquelle le visiteur pourrait à son tour enregistrer un message, dans un isoloir. Il pourrait choisir de rendre son message public tout de suite ou le garder secret pour une période de 25 ans. Le troisième est plus compliqué, c’est une performance musicale, c’est un parallélisme avec un film qui s’appelle Le faussaire du réalisateur Volker Schlöndorff*. En 1981, il a décidé d’aller tourner un film à Beyrouth et a réussi à arrêter la guerre le temps de tourner son film. Pour ce dernier volet, j’aimerais faire un parallèle entre le film, qui a été tourné dans un cadre public, à Beyrouth pendant la guerre et ces cassettes qui renvoient à un univers beaucoup plus intime. J’aimerais faire ressortir cette relation entre l’intime et le public, qui s’entremêlent.
Entretien réalisé le 7 décembre 2011 
______________________
Le site du projet : www.normalposition.net
* Démo de la performance musicale su le film Le faussaire de Volker Schlöndorff

English version_____________________________________________________

Rayess Bek: a conscious artist, a rapper against the grain

The near disappearance of public spaces in Lebanon since the civil war has made artistic activity, the basis of sharing and of social dialogue, more necessary than ever. Music is no exception as it reflects the numerous issues Lebanese people have had to deal with within political, social and economic areas.  Today, an independent artistic scene is speaking up and offers a critical point of view on the ruling class and the organisation of our societies. Some extend this criticism to the whole of the Middle East and conjure poetically the Iraqi, Palestinian and Lebanese tragedies.
This is the case of French Lebanese rapper Rayess Bek whose latest album “L’homme de gauche” lashes out at the sectarian clichés in both France and Lebanon. In a contemporary art project on the war in Lebanon, he is preparing a performance on the collective and intimate experiencing of the outburst of violence which led thousands of Lebanese families into exile. Here’s an interview with the rapper which enables us to clarify his position as an artist on the socio-political deadlock which Lebanon has been experiencing since the end of the war.
Tell us more about your musical activity.

Musically, I am part of the hip-hop movement. It is true that talking about this music is now a sensitive subject as it has taken a turn for the worse. I cannot identify with what’s now called hip-hop. I find inspiration rather in the hip-hop from the 80’s, which we could call a conscious hip-hop and is almost dead. When I speak of political consciousness, I speak of a conscious which is directly going to reach leaders. This is the reason why it gets little media attention to the benefit of other styles such as Gangsta rap… So I really come from an alternative or outsider’s hip-hop which does not follow mainstream trends.
When I am a guest on the media, it’s as a French Lebanese rapper, which entails that I have a particular socio-political vision of the events in Lebanon. The function of a conscious rapper is to educate but not in the form of propaganda. His role is to ask questions but   not find solutions. This is the reason why I try to reach the young, why I criticise their way of life by giving it an impulse through music. The goal is also to stir the curiosity of the audience. And I believe the first message of conscious hip-hop is that we have a power and no matter how small we think it is, it can be incredible. We have witnessed it in Tunisia lately and I don’t think there’s anything else to prove…
In your lyrics, you support a secular regime with civil rights in Lebanon. What means do young Lebanese have to fully live their individuality?
Well, that’s the problem. This is why we are trying to build a secular movement. How do you expect a sectarian Lebanese man to think as citizens when he’s more an Orthodox, Shiite or Maronite citizen? Nobody feels Lebanese except when they’re abroad. In Lebanon, people only feel their part of their community as they can only vote for people from their own community. This fuels sectarianism and leads people to turn away from the common space lest a community takes it over. As a result, public spaces in Lebanon are almost nonexistent. There are neither parks nor benches.
We musicians had to take over spaces and turn them into concert venues. That’s why La fête de la musique (Music day) is so popular in Lebanon. It’s the only time the people can have access to the city centre which is entirely private. It’s the time when the people take over the spaces which they wish to be public again – a bit like in Tunisia or Egypt today. This musical, social and even physical need results in an incredible excitement. Some bands even form especially for Music day.
Your criticism often sounds like pessimism when, considering the events in Tunisia and Egypt, we could surmise that an optimistic outlook may bring about change.
I may have a pessimistic outlook, but reality cannot really lead me to optimism. One must take into account the numerous personalities who were assassinated after the uprising, in addition to the directions the Egyptian and Tunisian revolutions have taken with the election of Islamists. Personally, I think my vision is realistic. I have lived in the region and I have taken part in demonstrations. I have changed views since my 20s. However, I keep an optimistic perspective which is to carry on the fight which we started. Regarding Lebanon, I was born in this feudal system and it hasn’t changed an inch… Therefore, it’s a question of personality. My perspective on the world was transformed by my life experience, by the constraints of having to leave my country because of the war… We are put into the box of a community and are told that this is where we belong.
I am also working on a project which is part of a contemporary art approach. I wanted to recycle audio recordings from the period of the Lebanese war (1975-1990). At the time, as many families were separated, some decided to read their letters. The project is broken down into three parts: First, the cassettes are displayed. Listening to them is possible and a translation is available. Those tapes are great because recordings overlap. The second part is an installation artwork where the visitor can in turn record a message in a booth. He can choose to make his message public immediately or keep it secret for 25 years. The third part is trickier. It is a musical performance mirroring a movie by Volker Schlöndorff* Circle of Deceit. In 1981, he decided to shoot a film in Beirut and managed to stop the war momentarily until he finished shooting. For this final part, I would like to draw a parallel between the film which was shot in a public space in Beirut during the war and the tapes which throw back to a more private world. I wish to highlight this relation between the private and the public which are intertwined.
Interview conducted on the 7 December 
The project’s website: www.normalposition.net
* Demo tape of the musical performance based on the movie Circle of Deceit by Volker Schlöndorff

My brother that I love

Lebanese Voices's Blog

The situation in the Lebanese sphere has become unbearable and un tolerable on the syrian scale. what is happening in Syria is inHumane, illogical and unacceptable. It is not okay for masses to die in return for a presidential chair, power or anything. Killing is an unjustifiable act.

Syria. Bashar Al Assad.
What FutureTv refuses to tell you …
Bashar Al Assad came into presidency after decades of his father’s ruling and announced a new era of the Syrian country. Within the past decade of Bashar’s ruling the syrian economy has reached a great level of development, sustainability and prosperity. He created an independent economy that survived the economic crisises and international pressures, by having a clear and full economic plan and dedicated development efforts.
Education is Syria is free and is very well developed. Not just that, the Syrian education is dedicated to modernizing the arabic langage to meet the demands of the…

View original post 509 more words

The Fury of a Summer Nightmare: July trip by Waël Nourreddine

“When the latest war started, I was far away at home in Paris. I had only one idea in mind: to return to Beirut as fast as possible and to start shooting. These were historical moments. This movie has become to me the indispensable movie. Shooting so that history would stop repeating itself and building a bank of images for future generations. I never understood why so few movies had been shot during the war in Lebanon. Apart from a scarce number of, nothing is left of this era. Yet the war deserved more attention.”

On Saturday 15 October 2011, the short film July Trip by Waël Nourreddine was shown at the Cinéma des Cinéastes in Paris , as part of a series of movies on the topography of war. Using the geographer Yves Lacoste’s quote “Geography’s primary purpose is to make war”, the program deals with the space and social implications of a war situation.
It could be said that the director tells the story of the war in Lebanon as he has experienced and shot it with “lost eyes and a fierce look” – a quote from Corneille. This is an opportunity to ask him a few questions on the history of this short film.
The film was shot during the attacks by the Israeli army in July 2006 on the south of the country and on the suburbs of Beirut. It depicts the fury of a summer nightmare. To shoot war is to testify to the image of death at the heart of the rubble. But the director adopts an aesthetic cinematic approach and rejects the reporting format whose informative goal turns the subject into a commercial product. Waël Nourreddine’s production cuts across the grain of a “history written by the victors”. To him, his movie “is not a consumer object. On the contrary I was the one to be consumed”.
As a reflection of the internal chaos established by the brutality of the attacks, the editing  alternates pictures of urban destruction and lifeless bodies with those of the survivors attempting to save people in the ruins. The camera, following the example of the survivors, seems to tackle the scene with as much violence as with reluctance.


The anguish is tangible and feeds on a monotonous melody and a disillusioned prose: “Soleil Trahi” by the singer and director F.J. Ossang (from the original soundtrack of the movie Trésor des Iles Chiennes). The drug scenes highlight the confusion of this infernal script. The shots which are often stifling, leaving little room for the land or sky horizon make the viewer uneasy. The goal of the movie is not to bring enjoyment to the viewer but neither is it to educate. Waël Nourreddinne’s goal is to first and foremost to voice a truth and a reality: ”This is the true story, my story” As his short movie was shown in other regions, he was able to share this reality of war with audiences, notably Serbs, who were reminded of their own experience of war.
1. Waël Nourreddine on July Trip.
2. All quotes are from an interview carried out on 24/10/2011

From Indignation to Revolt

Banksy, The revolt had already begun

As the spanish Indignados movement is getting stronger after the police intervention of 27/05, I decided to read this such discussed book of Stéphane Hessel, “Indignez-vous!”. Amply broadcasted in the medias, this booklet has become successful, even more since arab uprisings of winter 2011.

In this pamphlet (11 pages), Hessel calls the youth to get indignant face to the non respect of DDH, the evisceration of our social democracies, the situation in Gaza and our power’s captation by  globalized elites. He appeals us to get indignant, refusing all forms of violence that is according to him  socially inefficient. At the end of the book, he calls us, the next generation, to impulse a ” proper pacific  insurrection against mass communication devices that propound to youth only mass consummation, culture and helplesses contempt, generalized amnesia and excessive competition”. To conclude, he invokes this maxim:
Resisting is Creating
Creating is Resisting

I admit that I was surprised by the weakness of the expression used:  “to be indignant”. Furthermore, the paternalist benevolence of this young nonagenerian invites me to consternation rather than indignation. I greet the author’s  pedagogical attempt to awake his lector but this text is also representative of the degree of general apathy in which our societies have fallen in. The main paradox of this formula “Indignez-vous” is that a man is calling, through an imperative form, to an attitude that appears quite insufficient. Indignation is certainly the first step to political activism but it’s far from a positive and performative state of revolt.

Indeed I prefer Albert Camus’s revolt than Stephane Hessel’s Indignation. Of course it’s not the same period but I think that Camus’s radical refusal can be the way to build a better society. Face to the barbarian and coward running of human and material resources, the rebel turns back form any form of oppression. He refuses the condition imposed to him, while he struggles it. In this, I rejoin Hessel’s way to combat injustice: Non-violence and civil disobedience. Like him, I have the feeling that the 21st century will give us the tools to create a new resistance motion, particularly through the Internet.

I rebel, so we are
Albert Camus

Memories of Beirut…

This slideshow requires JavaScript.

For my twentieth birthday, my father proposed I select a destination of my choice to go on holiday to… As he had friends in Lebanon, he told me I could go there, sleep in Beirut and visit the country. I have to admit I first hesitated: Going alone in this unknown place was kind of uncanny but I knew I would have regretted not to go there! I decided not to watch too much pictures of Lebanon before leaving France, I only bought a book on Lebanon’s history (Georges Corm which is a little too dense when you know nothing about it). Anyway, here we go! It was in September 2010.

The first impression I had when I arrived was:The weather is wonderful and… there’s a lot of cars! For the first time, I saw how the houses I had seen on TV looked like for real. I couldn’t realised that I had the chance to come to this place where most of people I know wouln’t go (Mabe aren’t they curious enough?). I was impressed by the density of the city that I had seen through the porthole in the plane. In the car, I could notice the details: damaged houses and huge curtains you don’t even find in South Italy! I remember spending the evening over this building under construction, not far away from Beirut, with the warm night as shelter. It was so nice to walk in the street at twilight; the atmosphere is so pleasant… But I couldn’t have lived this without Lebanese people who welcomed me.

All the Lebanese people I met in Beirut were friendly and exaggeratedly generous. They always wanted to share their hobbies, beliefs, dreams… As I am very curious, it was perfect. Oh yes, I can’t forget this: Lebanon is the place you eat the best dished on earth! I remember having eat delicious things (such as candied dates, I swear it’s hard to find such sugary food in Europe) above the sea in a famous restaurant. This day, the sea was very agitated so that the waves reached tables…. And our faces! Very funny. I also remember this picture of people smoking narguile on the rocks emerged from the sea. I don’t know why I memorized this image but maybe it corresponds to the European idealization of the middle-east in the sixties. I usually try move away social stereotypes about a country or anything else; then I can make my own idea when I discover something (even if it’s utopian because it’s hard to escape to the social beliefs with which we grew up). But my great surprise wasn’t only my vision of Beirut and Lebanon: it was especially the perception Lebanese people had of their own city. They are much more aware of their history and what’s happening in their society than French people for example.

Actually; II fell in love with this country and its people. I didn’t want to come back to France J. But as my house is in Paris, I decided to continue discovering Lebanon through its history, language, literature and cinematography. Since my return, I told all my friends my memories of Lebanon (showing them pictures etc… with the result that they sometimes become bored of that).As you may have understood, my dream is to come back to Lebanon to discover more things about this amazing country!